Présentation de la Chaire de Travail social et d'intervention sociale

Chaire de travail social et de l’intervention sociale
Présentation par le Pr. Emmanuel Jovelin, titulaire de la chaire

Emmanuel JovelinLa chaire de Travail social a été créée en 2000 avec l’appui de la Direction générale de l’action sociale et du secteur professionnel afin de valoriser l’expertise et les capacités de recherche des travailleurs sociaux. Brigitte Bouquet, première titulaire a mis en place un master de recherche en travail social. En 2009, Marcel Jaeger deviendra le deuxième titulaire de cette chaire dont l’intitulé couvrira un champ plus large «chaire de travail social et de l’intervention sociale». Durant sa mandature, il a introduit le travail social dans le champ académique, avec tout d’abord, la conférence de «consensus, en/dans/sur/le travail social» et ensuite il a mené le combat, pour la création du doctorat travail social avec l’appui de l’administrateur général, Olivier Faron, qui a décidé le 29 avril 2013, de créer deux spécialités en travail social du doctorat du Cnam, en sciences de l’Education et en Sociologie, avec une visée professionnalisante et pluridisciplinaire. C’est une première victoire, d’un champ en construction, et en mal de reconnaissance, qui, aujourd’hui n’a toujours pas une véritable filière de formation, «de la licence au doctorat» et que la chaire doit pouvoir consolider.

Le décret du 6 mai 2017, définissant le travail social nous invite aujourd’hui au moment, où j’entame le troisième âge de la chaire de travail social et de l’intervention sociale, à réfléchir, non seulement à la construction de la filière complète de formation en travail social, mais surtout à la disciplinarisation académique du champ de travail social et de l’intervention sociale. 


Ce décret ouvre des possibilités inespérées, pour engager une réflexion approfondie à propos d’une discipline sciences humaines travail :

« Le travail social vise à permettre l’accès des personnes à l’ensemble des droits fondamentaux, à faciliter leur inclusion sociale , à exercer une pleine citoyenneté. Dans un but d’émancipation, d’accès à l’autonomie, de protection et de participation, le travail social contribue à promouvoir, par des approches individuelles et collectives, le changement social, le développement des capacités de personnes à agir pour elles-mêmes et dans leur environnement. À cette fin, le travail social regroupe un ensemble de pratiques professionnelles qui s’inscrit dans un champ pluridisciplinaire et interdisciplinaire. Il s’appuie sur des principes éthiques et déontologiques, sur des savoirs universitaires en sciences sociales et humaines, sur les savoirs pratiques et théoriques des professionnels du travail social issus de l’expérience des personnes bénéficiant d’un accompagnement social, celles-ci étant associées à la construction des réponses à leurs besoins. Il se fonde sur la relation entre le professionnel du travail social et la personne accompagnée, dans le respect de la dignité de cette dernière. Le travail social s’exerce dans le cadre des principes de solidarité, de justice sociale et prend en considération la diversité des personnes bénéficiant d’un accompagnement social».

Cette définition vient rappeler à juste titre que le travail social est interdisciplinaire (sociologie, sciences de l’éducation, gestion, histoire, psychologie etc.). Ainsi, les professionnels du social s’appuient sur les différentes disciplines des sciences humaines et sociales pour fonder leurs pratiques. Les sciences humaines et sociales constituent donc le socle sur lequel doit être accolée la discipline sciences humaines travail social et permettre aux futurs doctorants de préparer des thèses en travail avec une orientation, aussi bien en histoire, qu’en sciences de l’éducation ou en sociologie, voire en gestion et en psychologie, comme on peut le voir dans plusieurs pays européens et dans le monde. Il appartient donc à la chaire d’impulser cette dynamique auprès des professionnels, des instituts de formations sociales et des politiques.

"Interdisciplinarité et internationalisation"

Les missions de la chaire sont très larges, au-delà de l’enseignement, de la diffusion de la culture de l’information scientifique et technique, de l’élaboration, du développent et de l’animation des projets et outils pédagogiques etc… il paraît essentiel de ne pas négliger la déclinaison internationale et nationale des partenariats avec notamment, le milieu professionnel, les instituts de formations en travail social, en s’appuyant sur le développement de la formation à distance (FOD) initié actuellement au sein de l’EPN 12, et en mobilisant les réseaux internationaux pour dialoguer sur les questions touchant à la recherche, aux théories du travail social et à la discipline. Dans ce cadre, il s’agit non seulement de décentraliser mais également d’internationaliser la chaire. Ainsi, la chaire est impliquée dans les différentes formations et recherches à l’international ainsi que dans les régions françaises, lorsqu’elles veulent développer par exemple, le diplôme d’Etat d’ingénierie sociale (DEIS) ou des conventions avec le «master Intervention et développement social », piloté par Anne Salmon avec deux parcours : recherche en travail social et économie sociale et solidaire. La chaire de Travail social et intervention sociale développe également des recherches en partenariat avec le monde professionnel et le monde académique. Elle vient d’obtenir une ANR, COVID et Personnes âgées immigrées avec l’Université de Lorraine. L'enjeu aujourd’hui est le développement du doctorat, en mettant en place un séminaire doctoral avec des professeurs internationaux de haut de niveau, associant des personnalités ayant une forte crédibilité en recherches.

À cela s’ajoutent, des séminaires transversaux au sein de l’EPN 12 ''Santé, Solidarité" avec les Chaires : économie sociale et solidaire (Jean Louis Laville), accessibilité (Serge Ebsersold), handicap et gestion des services de santé (Sandra Bertezene).

Enfin, la chaire du Travail social et de l’intervention apporte non seulement sa contribution sur les débats sociétaux la concernant, mais, elle est également, un lieu d’observation de l’évolution du travail social dans notre société, et sa mission est aussi d’éclairer les institutions pour trouver des solutions dans l’aide aux personnes accompagnées ou pas, par les professionnels.